Au Japon, les personnes transgenres ont l’obligation de stérilisation s’ils veulent faire évoluer leur état-civil. Mais la Cour suprême du pays vient de rendre son verdict.

Au Japon, la communauté LGBT+ continue à se battre pour davantage de libertés au sein d’un pays encore très conservateur – notamment avec l’interdiction du mariage ou de l’union civile nationale entre deux personnes du même genre. Néanmoins, petit à petit, la nation fait un pas envers cette partie de la population, bien que de nombreux efforts restent à faire.

En début d’année, par exemple, une loi avait été votée pour protéger la communauté des discriminations, mais en y rajoutant la formulation « discriminations injustes ». Bref, les défenseurs des droits LGBT+ ont encore beaucoup de chemin à faire.

La Cour suprême fait volte-face

Depuis 2003 et jusqu’à hier, les personnes transgenres voulant changer d’état-civil devant le tribunal des affaires familiales avaient l’obligation de subir une chirurgie de réorientation sexuelle et prouver l’absence de capacité reproductive. En bref, elles devaient se faire stériliser. De plus, il fallait être célibataire, sans enfant, et prouver qu’on souffrait de dysphorie de genre, soit une détresse avérée causée par la dissociation entre le genre identifié et celui de naissance.

Des restrictions lourdes, déjà dénoncées en 2019 par l’ONG Human Rights Watch, relevant que cela conduisait à juger la transidentité comme une maladie mentale tout en lui imposant des actes chirurgicaux lourds.

Sauf qu’une femme transgenre a décidé de saisir l’institution en justice pour violation des droits de l’homme et inconstitutionnalité. Une demande rejetée par le tribunal, par l’instance supérieure, mais finalement acceptée par la Cour suprême qui a jugé que cette loi imposée de « graves restrictions » et limitait « le libre droit à ne pas subir contre sa volonté une atteinte à son corps ».

Avec cette décision, la Cour suprême va ainsi obliger la législation à modifier cette loi. À noter que c’est la seconde fois que l’instance se prononce sur cette loi, car elle l’avait validée en 2019, précisant néanmoins que celle-ci pourrait être réexaminée au fil des années pour mieux correspondre à l’évolution de la société. C’est chose faite.

Source : AFP et Kyodo News

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